

Histoire d'une photo:
Beijing, juillet 2008,15h
On avait pris un taxi, c’était loin, flemme de chercher le numéro de bus.
Le chauffeur voulait parler,
Nǐ shì fàguó? Shì de, wǒmen shì fàguó rén.
Nǐ huì jiǎng zhōngwén
Co répond à peine
Fébrile, elle cherche à repérer, la maison du frère de Xiao bu dian qui est, d’après elle, par là, tout près, au-delà du 4° périph.
Nostalgique des jours passés là-bas avec lui (ça sentait comme à La Chapelle avait-elle dit), faubourgs lointains, ilots de vieilles maisons et de coins de nature sales, coincés entre les chantiers de sky scrappers géants construits dans l’urgence.
Chaleur lourde, étau insupportable, l’air immobile, le ciel blanc, un soleil étouffé, à peine visible.
Du monde.
Les touristes arrivent en masse pour les J.O., touristes pressés, badgés, en groupes bruyants. Peu importe, on part bientôt, Beijing ne nous appartient plus, envahi par tous ces « autres » qui ne comprennent rien à notre Chine.
Le palais d'été, paysage immense, temples, lac, jardins.
Et le fantôme de l’impératrice Cixi.
On déambule, un peu au hasard, pauses sur les balustrades, dans les jardins, éventail à la main, la peau moite, accablées par la chaleur.
Photos, sous la « longue galerie » qui borde le lac, de la porte de l'invitation de la lune au pavillon Shizhang. Co joue à faire des photos «chinoises», posées, sourire, les doigts en V, moi, je marche lentement la tête ailleurs, je ne vois plus le monde autour (je suis l’impératrice et sa cour!)
A droite, la colline de la longévité et le chemin (raide) qui monte au temple des nuages ordonnés.
L’orage.
Pluie serrée, chaude, qui, tout de suite, dégringole partout le long des toits, dévale les marches, inonde tout.
D’un coup tout bascule. Silence.
Les gens s’arrêtent, se posent, s’assoient.
Les chinois sortent leurs thermos et prennent du thé, les hommes relèvent leur T shirt sur le ventre, les enfants jouent à se faire mouiller, le temps s’arrête.
Enfin.
Nous, assises sur les balustrades du temple des fragrances bouddhiques.
On se laisse tremper, en silence, on regarde.
Puis je sors l’appareil photo, je fais le tour de la coursive…
Et de l’autre côté de la cour, cette famille chinoise, le père, la mère et leur fille –unique-
Parents frêles, adolescents, robes blanches de dentelles, si chinoises.
La mère tend le bras pour se rafraichir, la fillette va de l’un à l’autre, gestes légers, tendres, bras autour du cou, choses murmurées à l’oreille… scène gracieuse que je reste un long moment à observer, là-bas, au-delà du rideau de pluie.
Liste des noms de lieux /Palais d’été / Beijing.
Palais de la Dissipation des Nuages
Hall de l' Embrassement de l'Univers
Hall du Brocart identique au Nuage
Hall du Ciel Pourpre
Pavillon des Cinq Points Cardinaux
Temple de la Mer de la Parfaite Sagesse
Temple des Pluies Opportunes et de la Grande Humidité
Tour d'avant-toits conservant les Nuages
Palais des nuages ordonnés
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