

hôpital de montagne, hôpital de campagne... Secret, caché. Il était situé dans un chalet. Un beau et grand chalet. Formage de brebis, herbes fraîches, l'odeur de la neige, tout vit encore en moi. Ils revenaient d'un assaut, quelques uns blessés, deux amis morts dans la lutte. Mais voilà, jamais abandonner, aller jusqu'au bout, être fort malgré le chagrin, les défaites, malgré la mort qui rode. Je me souviens surtout de l'odeur de ces blousons en cuir. C'était particulier, envoûtant, un parfum de guerre, de force et d'authenticité. Je ne sais comment décrire cela. Ce chalet ressembait à une forteresse. Des fenêtres crenelées comme les plaies aux fronts des combattants, comme la charpente de bois, des dentelles de fer, lignes b rsiées, vies brisées. Chaos. J'aime les ombres sous les chaises. Ils semblent jouer aux cartes. Mais moi je sais, ils préparaient une attaque sur la route afin de récuperer des armes. Une jeune secrétaire partisan travaillait chez les SSet livrait les circuits des camions d'armes...Un jour Henriette a disparu. On a su après la guerre qu'elle était morte à Ravensbrück.
Vinika
Oui Beki était là bien sûr, et Vinika probablement. J'ai un peu de mal à la reconnaitre. Mais moi, non. Tu te trompes. Ce jour là j'étais descendu au ravitaillement avec André. On était passé par le Villaret parce que j'aimais bien la fille du fermier, la cadette, Marguerite. Perds pas ton temps m'a dit André. Elle est pas pour toi, tu vois pas ? Je l'aurais bouffé. Mais j'ai rien dit.
Le type que tu prends pour moi sur la photo, c'est Roland. Demande à Vinika. Elle va te dire.
François
moi je me souviens. Les anglais étaient arriv
és dans la nuit et nous les attendions avec des lanternes. Ils avaient beaucoup marché dans la forêt avant de nous rejoindre. Les allemands étaient occupés sur un réseau ferrovière bombardé par les alliés. Notre groupe, celui de marie d'ailleurs, servait d'acceuil et de sauvetage des enfants juifs. Nous étions tous enfants du village, certains revenus de la ville avec la guerre, certains cachés dans la montagne, dans les chalets innaccessibles, certaines grottes non connues. Nous ravitaillons le réseau des partisans de la montagne, Marie prenait en hcarge les enfants en bas dans les villes, les amenait en train, ils devenaient les enfants des fermiers. Presque tous étaient avec nous. Et plus tard, voilà, ce sont eux, les Anglais sont arrivés avec des hommes et des femmes de chez nous, l'appel résonnait en nous, nous voulions la liberté pour notre pays, nous avions terriblement peur, mais jamais aucun de nous n'a trahi. Ils étaient beaux ces jeunes. Une jeune femme,infirmière, demeurait en permanence avec nous et on avait aménagé une forme d'hôpital dans une lointaine bergerie désafectée... Tout était désafectée. Le pays même était en désafection. Sans affection aussi. Je suis si vieille maintenant, je les ai vu, les enfants qui venaient à la messe le dimanche ; le prêtre qu iles accueillaient dans son grand presbythère, où il y avait des chambres cachées par des armoires. C'était un ancien domaine, un souterrain s'enfonçait sous la montagne. Son jardin était merveilleux, planté de simples et de fleurs parfumées.Les enfants étaient là comme dans une école de chants et de musique. Il chantait si bien, sa chorale a même fait des représentations pour les nazis. Il n'vait peur de rien le curé. Pourtant, il fût dénoncé par un jaloux.on n'a jamais su qui ! Ou on a deviné mais i ls'était sauvé! Et puis c'était trop tard, le pauvre s'est fait descendre comme un chien devant son église, i lne voualit pas dire où étaiernt cachés les enfants. Les enfants étaient dans la montagne avec les Anglais, les partisans Français et ils apprenaient le chant des partisans : "amis entends tu le vo lnoir des corbeaux sur la plaine..."
Vinika